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Au-delà du « caprice » : Ce qui se joue vraiment sous la frustration de nos enfants

Aujourd’hui, on va décortiquer comment la frustration de ces besoins sabote notre santé physique et psychique, et pourquoi nous faisons si souvent fausse route en voulant y répondre. Le grand malentendu: Besoin vs Envie Prenons un classique : « Je veux un bonbon, maintenant! ». L’erreur est de s’arrêter à la demande (l’envie) et de la juger comme […]

Aujourd’hui, on va décortiquer comment la frustration de ces besoins sabote notre santé physique et psychique, et pourquoi nous faisons si souvent fausse route en voulant y répondre.

Le grand malentendu: Besoin vs Envie

Prenons un classique : « Je veux un bonbon, maintenant! ». L’erreur est de s’arrêter à la demande (l’envie) et de la juger comme un caprice. Si on enquête, le vrai besoin est ailleurs. L’enfant a peut-être simplement faim: il manque d’énergie et son cerveau a appris que réclamer du sucre était la stratégie la plus rapide pour faire réagir le parent.

C’est la même chose pour nous, les adultes. Quand nous exigeons de l’ordre par ex. « Je veux que tu ranges ça tout de suite ! », ce n’est pas juste pour la propreté. C’est un besoin de sécurité face au chaos, un besoin de reconnaissance dans notre rôle de parent, ou un besoin viscéral de respect de la part de notre enfant. Les besoins varient à l’infini. C’est pour cela qu’il faut toujours enquêter avant de réagir, chez l’autre comme chez soi, car les enfants ne savent pas encore décoder leur propre boussole.

Le piège de la répression et des faux « Non »

Face à un comportement dérangeant, notre réflexe est souvent de dire « Non » ou d’étouffer la réaction. Erreur majeure. Étouffer un comportement indésirable ne fait que frustrer d’autres besoins profonds. En plus, si nous ne prenons pas les émotions de l’enfant au sérieux, le danger est qu’il apprenne à se couper de ce qu’il ressent. Dans son ignorance, incapable de mettre des mots sur sa frustration, son stress, sa tristesse, sa fatigue ou sa colère, il s’anesthésie. Or, un enfant qui apprend à ne rien ressentir devient un adulte incapable de gérer ses émotions le jour où elles finissent par déborder. Étouffer un signal indésirable ne fait que frustrer d’autres besoins profonds, et l’enfant intériorise un message douloureux: «Ma mère ne me prend pas au sérieux, elle ne me comprend pas.»

C’est particulièrement visible chez les enfants qui souffrent d’un manque d’amour ou d’intérêt. À l’intérieur, ils peuvent traverser une tempête de tristesse, de regret, de nostalgie, un profond sentiment de solitude, d’insécurité, et cette croyance destructrice: «Je ne sers à rien, personne ne tient à moi». Mais ce vide se traduit aussi par une colère noire et une envie féroce d’obtenir de l’attention à tout prix. L’enfant a un besoin vital de l’intérêt des adultes. S’il ne parvient pas à l’obtenir par le bien, il l’obtiendra à coup sûr par le mal: en criant, en perturbant la classe, en coupant la parole, en pleurnichant, en inventant des histoires, en devenant collant ou provocateur.

La frustration d’un besoin se reflète inévitablement dans les émotions et le comportement. C’est une loi biologique. Et même si la frustration d’un enfant nous semble futile avec nos yeux d’adulte, elle doit toujours être prise au sérieux. L’enfant n’a pas besoin qu’on lui évite les déceptions ou qu’on lui « aplatisse le chemin » pour qu’il ne vive aucun choc émotionnel. Ce dont il a besoin, c’est d’une relation affective solide avec ses parents pour être capable de traverser et de porter cette frustration.

L’enquête empathique: Changer de posture

Au lieu de braquer le projecteur sur le coupable en demandant « Pourquoi tu cries? » (ce qui pousse le cerveau en mode défense), changeons de posture. Soyons empathiques et disons plutôt:« Il s’est certainement passé quelque chose… On va regarder ensemble. »

La seule question qui compte dans la tempête est: « De quoi mon enfant a-t-il besoin dans cette situation précise ? »

La clé absolue : « Qui veut donner doit recevoir »

On ne va pas se mentir: un adulte dysfonctionnel, épuisé et à bout de forces est totalement inutile à un enfant qui ne sait pas gérer ses propres besoins. Des parents épanouis sont infiniment plus réceptifs aux besoins de leurs enfants.

Prendre soin de ses propres besoins de manière active et consciente n’est pas un luxe égoïste: c’est le meilleur service à rendre à l’enfant que vous éduquez. Cela fait partie intégrante de l’éducation. Une bonne mère (ou un bon père) est tellement plus importante qu’une mère parfaite (ou un père parfait).

En offrant ce soutien et cette présence sécurisante, nous aidons, petit à petit, nos enfants à apprendre à gérer leur propre frustration pour l’avenir.


En fin de compte, la recherche de connexion et de reconnaissance est le moteur le plus puissant de l’âme humaine. Quand un enfant ne parvient pas à obtenir l’attention de ses parents par quelque chose de positif, il recourra à la provocation ou au conflit. Parce que pour le cerveau, le pire des châtiments n’est pas la colère, c’est l’indifférence.

Comme le décrivait si magnifiquement l’écrivain Hjalmar Söderberg :

« On veut être aimé. À défaut, être admiré. À défaut, être craint. À défaut, être haï et méprisé. On veut éveiller une émotion chez autrui, quelle qu’elle soit. L’âme frissonne devant le vide et recherche le contact à tout prix. »

Prenons soin de ne pas laisser le vide s’installer.

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